L’amour, La Solitude

L’amour, La Solitude

Le nouveau numéro de la revue de littérature coréenne Keulmadangkeulmadang propose à ses lecteurs un petit tour d’horizon sur des questions universelles, l’amour, la solitude, vues par des écrivains, des traducteurs, des médiateurs, et quelques autres petites surprises. Des articles de Lim Young-hee, Lee Young-joo, Gwenaël Germain, Edwin Kocher, les écrivains Lee Seung-uecritsdelinterieur, Kim Tae-yongdecrescenzoediteurs, Lee Do-woo, la poétesse Ra Hee-duk, les couples franco-coréens de Heiwon et Ronan, Jeong-eun et Jonathan, les rédactrices Mary-Sarah Jung, Jeanne Argemi, des recommandations de lecture en romance de Pauline Boulogne et une nouvelle inédite de la gagnante de notre concours de nouvelles Dorothée Bécart…

L’amour, ne se limitant pas aux passions, plaisirs et désarrois qu’il provoque, comporte aussi son lot d’enjeux sociaux. L’amour en Corée ne fait pas exception et se voit fortement influencé par les valeurs de la pensée confucéenne. Venue de Chine, elle a façonné sur plusieurs siècles un idéal relationnel visant à ce que chaque individu participe à l’équilibre communautaire. L’isolement est rejeté ; l’individu n’est plus qu’un rouage de la communauté ayant pour rôle de contribuer à l’amélioration de la société.

Le nouveau numéro de la revue Keulmadang

Pour cela, il doit inévitablement s’inscrire dans les cinq relations harmonieuses définies par Confucius : sujet et souverain, enfant et parent, mari et femme, frères, amis. Le rapport amoureux devient symbole d’un équilibre communautaire à atteindre : dévotion de la femme, contre protection de l’homme. L’influence non négligeable du confucianisme se ressent toujours dans la société sud-coréenne contemporaine. Couplée aux valeurs de travail et de vitesse qui régissent la période dictatoriale d’après-guerre (1960-1970), la pensée confucéenne a participé à l’établissement d’un modèle de réussite sociale strict et unique : bonnes études, bon emploi, bon mariage, et perpétuation de la lignée familiale. La solitude est un échec. Pourtant, de nouvelles mécaniques sociales viennent perturber ces normes communautaires préétablies : les femmes choisissent de s’émanciper des attentes patriarcales en renonçant au mariage et aux enfants (mouvement 4B), la jeune génération se réapproprie la solitude par le phénomène du hon Ces changements sociaux poussent à s’interroger sur les nouvelles définitions d’amour et de solitude – ces émotions sont-elles encore aujourd’hui l’antithèse l’une de l’autre ? L’imaginaire collectif associe la Corée du Sud à ses séries dramatiques à succès, vitrines d’une culture populaire où l’amour est théâtral, passionné, tragique, et empreint d’une touche de naïveté. En librairies, les rayons débordent de romans coréens feel good et de romances adolescentes idéalistes. Cette tendance s’accorde à la déclinaison sans fin des genres romantiques (new romance, romantasy, dark romance…) que l’on connaît aujourd’hui. La musique ne fait bien sûr pas exception, avec ses chansons pétillantes d’amour et de sensualité. Ce septième numéro de la revue papier de Keulmadang s’intéresse aux attentes, fragilités et douces violences de l’amour, à la solitude ennemie devenant parfois une nécessité, et aux bouleversements identitaires qui en résultent. De l’amour, de la solitude, Lim Yeong-hee ouvre le bal en observant comment la perception de ces deux émotions a évolué entre les années 1980 et aujourd’hui, tandis que Lee Young-joo se livre sur l’élan d’amour et d’empathie qui a porté le peuple coréen lors des manifestations ayant secoué le pays en décembre 2024. Dans une approche plus culturelle de l’amour, les mœurs coréennes se voient confrontées aux mœurs françaises à travers une rencontre avec deux couples franco-coréens. En littérature, Jeanne Argemi trouve chez l’écrivain Park Min-kyu (Celle que j’aimais) une nouvelle manière d’aimer au XXIe siècle, dans une Corée où laideur et solitude sont inévitablement liées. À travers un entretien mené par Jean-Claude de Crescenzo, la poétesse Ra Hee-duk partage sa vision de l’amour et de l’attente en décortiquant deux de ses poèmes, « Où est passée mon ombre ? » et « Comme un poisson séché ». Lee Seung-u (La vie rêvée des plantes), interviewé par Joo Suyoung, montre comment la faiblesse peut devenir arme inconsciente de séduction ; tandis qu’Eun Hee-kyung (Les Boîtes de ma femme), interrogée par Laurie Galli-Ragueneau, refuse de considérer la solitude comme une émotion négative. Du côté audiovisuel, Gwenaël Germain retrace l’histoire de la réalisation cinématographique féminine – un cinéma qui peine à se faire une place avant les années 2000, mais qui représente aujourd’hui plus d’un cinquième de la production coréenne. Mary-Sarah Jung ajoute à cette thématique en se focalisant sur le film Past Lives (2023), première réalisation de Céline Song, qui revisite le mythe de l’âme-sœur. Marie Joncquez s’intéresse aux différentes expressions d’isolement dans le K-drama. La solitude, dont on cherche souvent à se guérir par l’amour, devient parfois une nécessité, voire une revendication féministe. Enfin, Edwin Kocher porte son regard sur les nombreuses téléréalités sud-coréennes, où l’amour devient divertissement. D’illustres auteurs sud-coréens ont également prêté leur plume à ce numéro : Lee Do-woo (L’Odeur des clémentines grillées) propose une réflexion sur les relations de dominance et sur la nécessité de la solitude. Kim Tae-yong (Cochon sur gazon) offre une nouvelle inédite dans laquelle la mémoire et le langage jouent des rôles essentiels. Bien que ce numéro vise à ébranler les conceptions d’amour traditionnel, Pauline Bourgogne remet en valeur la romance avec quelques recommandations de lectures. Et pour conclure sur le thème d’amour et solitude, Dorothée Bécart, grande gagnante du premier concours d’écriture de Keulmadang, nous propose la lecture de sa nouvelle Guryeong Beauty

Laurie Galli-RaGueneau & Faustine ThiveT Rédactrices en chef adjointes

livre Etonnants Coréens

ÉTONNANTS CORÉENS

Curieusement la version coréenne d’Étonnants Coréensdecrescenzoediteurs est parue en Coréehttps://product.kyobobook.co.kr/detail/S000216104200 en avril 2025. Il a été classé best-seller dès les premières semaines et la Bibliothèque Nationale de Corée vient de le recommander comme Livre du Mois (octobre 2025).

J’avoue l’avoir écrit Étonnants Coréens avec grand plaisir. Pour la petite anecdote, ce livre est né le jour où, réunis avec mes amis écrivains, l’un d’eux, écrivant sur un bout de papier, je lui ai demandé « pourquoi les Coréens écrivent-ils avec le petit doigt tendu, en appui sur la table ? » Il m’a regardé étrangement, s’est remis à écrire en vérifiant sa position, a demandé aux autres auteurs autour de la table si eux aussi écrivaient de la même manière. Et voilà, toute une petite assemblée d’écrivainsEn compagnie des écrivains et de critiques littéraires en train d’écrire sur n’importe quel bout de papier et convenir, que j’avais bien observé ce que, évidemment, eux n’observaient plus. j’en donne une petite explication dans le livre.

Ce fut l’idée de départ. observer les Coréens dans leurs gestes quotidiens, à table, dans la rue, à l’église, à l’hôpital et, sans prétention aucune, élaborer un portait d’une Corée intime, une ethnologie du quotidien en quelque sorte. Depuis, j’ai donné une dizaine de conférencesConférences de Jean-Claude de Crescenzo entre juin et juillet à Séoul dans les lieux les plus prestigieux de Corée et j’ai pu vérifié combien ce portrait intime avaient touché les Coréens. C’est toujours ma plus belle récompense : partager quelques minutes seulement un peu d’affection avec ce pays.

LA PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR

Pourquoi les femmes coréennes mettent-elles leur main devant la bouche quand elles rient ? Pourquoi font-ils durer les au revoir ? Pourquoi les Coréens aspirent-ils à grand bruit les nouilles quand ils mangent ? Pourquoi les Coréens appellent-ils une serveuse de restaurant « Tatie » ?

La Corée fait parler d’elle, mais on évoque plus rarement les Coréens. Qui sont-ils, dans leur quotidien ? Que racontent leurs gestes, leurs habitudes, leur manière d’être au monde ? À travers une série de questions étonnantes et souvent inattendues, Jean-Claude de Crescenzo, nous invite à découvrir les mille et une facettes de la vie en Corée. Fort de plus de vingt-cinq ans d’immersion dans la culture coréenne, il éclaire avec précision et tendresse les pratiques ordinaires, les valeurs profondes et les subtilités du vivre-ensemble qui façonnent la société coréenne.

Étonnants Coréens ! est un voyage sensible et documenté dans la société coréenne, celle des maisons, des hôpitaux, des restaurants, et des petits gestes de tous les jours. Accueilli avec enthousiasme en Corée, où il a figuré parmi les best-sellers dès sa publication, ce livre a offert aux lecteurs un regard affectueux sur des pratiques devenues si familières.

DANS LA PRESSE CORÉENNE

« Ce livre est un recueil d’observations sur la culture unique des Coréens ».
Dong-a Ilbo

« Ce livre décrit vraiment à merveille le pays du Matin clair, ses mœurs et sa culture ainsi que son étonnant peuple ».
KBS World

« Dans le livre « Etonnants Coréens », le passage intitulé « de l’ombre à la lumière » est impressionnant ».
Ohmaynews journal

« Une lecture amusante »
Hankuk Kyeonje

Broché de 150 pages

ISBN : 9782367271491

Achevé d’imprimer Octobre 2025

Dimensions: 20 × 13 × 2 cm

Conférences de Jean-Claude de Crescenzo entre juin et juillet à Séoul

Conférences de Jean-Claude de Crescenzo entre juin et juillet à Séoul

Si vous passez par Séoul entre le 25 juin et le 13 juillet, programme et thèmes des conférences de Jean-Claude de Crescenzo
27 juin, au Coex : Étonnants coréens
29 juin au Café solidaire : Promenades dans la littérature coréenne
1er juillet Université Kyunghee : De la figure de l’ennemi à la littérature thérapeutique
2 juillet KBS World (chez Oh Ha-Young) avec Kim Hye-gyeong : interview : Un couple étonnant
8 Juillet Librairie Books and Life Kwangju : Étonnants coréens et Promenades dans la littérature coréenne
12 juillet Plateforme Naver, 20e anniversaire de Happybean, Étonnants coréens

Étonnants Coréens, en attendant la version française

Étonnants Coréens, en attendant la version française

Étonnants Coréens est sorti en Corée en avril 2025 sous le titre 경이로운 한국인 (Étonnants/merveilleux Coréens) et a tout de suite reçu un accueil chaleureux. Il sera publié en France en octobre 2025 chez Decrescenzo éditeurs. On patiente en lisant et relisant les coupures de presse et autres extraits de blogs.

Sur Arirang TV

https://www.arirang.com/news/view?id=283044&lang=en

sur KBS World

https://world.kbs.co.kr/service/contents_view.htm?lang=f&menu_cate=people&id=&board_seq=458058&page=1

La femme de Gangnam

La femme de Gangnam

Notre dernière traduction vient de paraître chez Decrescenzo Éditeurs.

Mina a tout pour être heureuse. Présentatrice à la télévision, la quarantaine, elle est belle, riche et habite un appartement cossu dans le quartier aisé de Gangnam. Pour s’adapter aux normes du monde luxueux dans lequel elle vit, Mina n’hésite pas à éliminer tout ce qui la gêne sur son chemin, révélant ainsi une personnalité complexe, traumatisée et criminelle. En déroulant la vie de Mina à l’envers, de la maturité à l’enfance, on découvre les mille tourments d’une femme qui a « tout pour elle ».

Le roman

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Lee Hong

Née en 1978, LEE Hong commence très tôt sa carrière d’auteure. À l’âge de dix ans, elle écrit des scénarios de pièces de théâtre. Au collège, elle rédige des lettres d’amour pour le compte de ses amis et trouve sa voie : plus tard elle écrira. La femme de Gangnam, son premier roman traduit en français, met en scène la haute société coréenne, brocardée dans les dramas coréens. à Gangnam, quartier huppé de Séoul et berceau de la K-culture, Lee Hong s’impose dès son premier roman en remportant le Prix de l’Auteur contemporain. Ses écrits, explorant les désirs, tensions et contradictions de la société coréenne, ont été si bien accueillis qu’ils ont inauguré un nouveau genre, le roman de Gangnam. Lee Hong a remporté le Prix Des nouveaux talents de l’Art dans la catégorie littérature et nominée dans la liste finale des Korea Times Awards. Depuis, elle promeut la littérature coréenne à l’international, dirige une agence dédiée aux autrices et coordonne des projets entre la Corée et l’Europe. Lee Hong vit aujourd’hui à Paris, où elle travaille à son prochain roman.

Étonnants coréens

Étonnants coréens

Sur KBS Word, en français, une interview de Ho Ha-young, à propos du livre Étonnants Coréens (version traduite en coréen sous le titre « 경이로웅 한국인 » :


Ha-young Florence OhHa-young Florence Oh • 1er1erKBS WORLD Radio French Service Journalist-Producer (world.kbs.co.kr/french) Journal/Invité du mercredi/Focus AsieKBS WORLD Radio French Service Journalist-Producer (world.kbs.co.kr/french) Journal/Invité du mercredi/Focus Asie

[Invité du mercredi] Nombreux sont ceux qui parlent de la Corée, mais savent peu de ses habitants. Comment vit un Coréen ou une Coréenne, que vous avez croisé ce matin dans la rue, dans la vie de tous les jours ? Comment se comporte cette personne à la maison, au restaurant ou dans un hôpital ? Et comment salue-t-il ou t-elle les gens, leur montre son affection ou encore accueille le dernier jour de sa vie ?

C’est à partir de toutes ses curiosités que mon nouvel invité, Jean-Claude de Crescenzo s’est mis à écrire « 경이로운 한국인, Etonnants Coréens ».

A écouter à l’aide du lien suivant :
https://lnkd.in/dZfgsrhM

En compagnie de Lee Seung-u au printemps culturel de Neuchâtel

En compagnie de Lee Seung-u au printemps culturel de Neuchâtel

Le 8 avril 2025, dans le cadre du Printemps culturel 2025 à Neuchâtel (Suisse), consacré à la Corée, j’aurais le plaisir de converser avec Lee Seung-u, en compagnie du professeur Petris, et directeur de l’Institut de langue et civilisation françaises (UniNE)

Au cours de cette table-rode, nous aborderons deux temps de l’oeuvre de Lee Seungu, la publication de son roman Le chant de la terre, dans un premier temps, et dans un second temps, à propos d’un autre roman Voyage à Cantant, deux romans majeurs, pour lesquels nous avons assuré la traduction en compagnie de Kim Hye-gyeong qui marquent une étape dans la carrière de l’auteur.